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Le Taoiseach met l'accent sur la stabilité, l'emploi et la croissance dans son discours-programme au Parlement européen

16.01.2013, 08:00 GMT


Le discours du Taoiseach Enda Kenny au Parlement européen mercredi 16 janvier 2013

Vous pouvez regarder cela sur http://ec.europa.eu/avservices/player/streaming.cfm?type=ebsplus&sid=220014
La conférence de presse peut être visionnée sur http://ec.europa.eu/avservices/player/streaming.cfm?type=ebsplus&sid=220173

Le discours prononcé fait foi


Le discours du Taoiseach Enda Kenny au Parlement européen
Mercredi 16 janvier 2013

Cher président du Parlement européen, cher président de la Commission européenne, éminents dirigeants des groupes politiques, membres du Parlement européen. Aujourd'hui, je suis fier de venir en tant que Taoiseach au Parlement européen vous présenter les priorités de la présidence irlandaise.

Ceci est la septième présidence irlandaise, qui a commencé lors du 40e anniversaire de notre adhésion à la Communauté européenne.

Les irlandais ont pris la bonne décision; au cours de ces 40 années, nous avons parcouru un long chemin et nous ne nous sommes jamais retournés en arrière. Cependant, notre île atlantique a longtemps fait partie du cœur de l'Europe.

Au sixième ou septième siècle, nos moines, Colombanus et Killian comptant parmi eux, sont partis sur leurs petits bateaux afin de porter la lumière de l'apprentissage à l'esprit européen.

Aujourd'hui, l'Irlande garde cette foi dans notre continent avec notre union des peuples.

Nous avons gardé foi grâce à notre certaine idée de l'Europe. Une idée qui veut qu'en tant que peuple, malgré nos différences nationales, nous demeurions meilleurs à l'abri et jamais dans l'ombre de l'autre.

Nous devons travailler dur ensemble afin de rénover, restaurer et renouveler notre Union.

C'est dans cet esprit, cet esprit de renouvellement, que l'Irlande assume avec fierté et honneur cette septième présidence.

L'Irlande et l'Europe
Au cours de ces 40 années, alors que notre Union a été transformée, notre adhésion à l'UE a transformé l'Irlande.

En 1973, nos exportations agricoles étaient principalement destinées au Royaume-Uni.

Aujourd'hui, les sociétés irlandaises exportent des biens et des services de haute-technologie en Europe et à travers le monde. Nous accueillons également 1000 sociétés étrangères, sociétés essentielles à notre relance économique et au renforcement de notre économie.

C'est en novembre 2010 que l'Irlande est entrée dans le programme de soutien UE-FMI.

Nos fiers citoyens ont continué à travailler sous le poids de la dette des banques. L'austérité a apporté douleur et souffrance à de nombreuses familles, à de nombreux foyers. Mais les irlandais ont porté ce poids, cette douleur avec un courage et une patience incroyables et une dignité sereine.

Et c'est cette histoire, ces qualités et ces éléments authentiques et profonds de l'Irlande tels que le respect, la vision, la compassion et la loyauté que je porte ici aujourd'hui. Et, grâce à ce peuple, à ses qualités, je suis heureux de dire que l'Irlande continue son chemin sur la voie de la reprise.

Nous avons honoré tous nos engagements UE-FMI via huit examens de la Troïka.

L'année dernière, notre économie a recommencé à croître et nos exportations ont atteint des niveaux records. Nous travaillons à parvenir au contrôle des dépenses du gouvernement.

Les investisseurs internationaux montrent une nouvelle confiance en l'Irlande. Le résultat se manifeste dans le faible rendement des obligations du gouvernement irlandais. Les récentes ventes d'obligations montrent la confiance dans le marché, confiance qui était sur le déclin et qui désormais revient.

En tant que nation, nous sommes déterminés à quitter le programme UE-FMI avant la fin de l'année.

De nombreux défis demeurent et notre économie est toujours fragile mais je crois fermement que 2013 peut être l'année lors de laquelle l'Irlande sortira de son programme et assumera son rôle de chef de file de l'Europe.

Cependant, l'Europe a elle aussi besoin de retrouver son équilibre après cette période de crise afin de revenir à la stabilité.
C'est pourquoi la présidence irlandaise sera dédiée à la stabilité, à l'emploi et à la croissance.


La façon irlandaise
Lors de nos présidences précédentes, nous nous sommes concentrés sur les résultats. C'est ce que nous ferons de nouveau. Nous travaillerons en étroite collaboration avec vous, membres élus par les citoyens européens, ici au Parlement. Votre importance qui augmente et votre influence qui croît vous place au cœur même des affaires de l'Union.

Nous avons déployé beaucoup d'efforts à la préparation de cette présidence. Nous avons réinvesti dans nos relations européennes. Et grâce à cela, la profondeur de notre relation, l'ampleur de notre compréhension n'a jamais été aussi forte et bonne.

Nous portons ces meilleures relations à nos citoyens. Nos citoyens ont besoin de savoir et de voir que nous œuvrons à retrouver leur confiance et ce non seulement au sein des parlements nationaux mais également et crucialement au sein de l'idéal démocratique de l'Union européenne elle-même. Il est important que les citoyens comprennent et ressentent ce retour de la confiance.

L'Europe est complexe
Certes, l'«Europe» peut être un concept complexe. Certains souhaiteraient que l'«Europe» soit plus simple, moins complexe, moins institutionnalisée. Mais en tant que personne passionné par l'Europe, je suis convaincu que nos citoyens européens peuvent être inspirés et motivés par ce que nous faisons concrètement en Europe et ce que nous pouvons réaliser.

Dans toute l'Europe, nos citoyens ont besoin d'emplois.

Ils se tournent vers nous, vers l'«Europe» en quête d'aide. De l'Atlantique à l'Oural, nos citoyens veulent et ont besoin de sécurité. La sécurité qui leur permettra de vivre des vies meilleures, plus sûres, plus riches.

Notre Union est unique de par sa capacité à répondre à ces questions. Elle inspire les autres à suivre la même voie. Notre capacité à travailler ensemble et à nous engager à atteindre des résultats et ce qui importe à nos citoyens.

Cette année, nous devons être prêts à défendre le «pourquoi?» de l'Europe.

Et oui, je suis d'accord avec ceux qui pourraient dire que notre réponse n'est pas toujours suffisamment claire.

Mais ce que nous avons fait de bien ensemble est remarquable. Des dégâts de la guerre, nous avons créé une Union de citoyens démocratique, en paix et unie et nous avons fait tout cela en un clin d'œil «de la possibilité...à n'avoir aucune Europe du tout.»

La paix
La remise du prix Nobel de la paix à l'Europe l'année dernière rend compte de cette réussite.

L'Irlande connaît personnellement la douleur et la souffrance qu'engendre la violence.

Nous avons également eu la chance de voir ce que le dialogue et la compréhension entre communautés peut produire: la réconciliation historique de deux communautés et l'accord de paix sur notre île.

Ces dernières semaines, nous avons vu des tentatives de quelques-uns visant à menacer cette paix durement acquise. Mais soyez assurés que des petits groupes de perturbateurs hétérogènes et non représentatifs ne réussiront jamais à ramener l'Irlande du Nord et sa population à ses heures sombres.

Je rends aujourd'hui hommage à l'Union européenne pour son soutien prolongé et inébranlable envers le processus de paix  au fil des ans. Je rends notamment hommage à ce Parlement pour avoir gardé la foi dans ceux qui souhaitaient la paix sur notre île et travaillaient afin de l’obtenir.

Ce soutien renforce notre détermination à garantir que la population d'Irlande du Nord puisse espérer la fin des perturbations touchant à sa stabilité pacifique très appréciée.

La stabilité, l'emploi et la croissance
M. le président, comme nous le savons bien, la crise économique actuelle a un profond impact sur nos populations.

Dans certains pays, comme en Irlande, cet impact se fait ressentir encore plus fortement.

La blessure la plus profonde est celle du chômage. Devoir affronter un autre jour sans travail auquel se rendre. Notamment pour nos jeunes. Leur confiance est érodée. Mais pire encore, leurs espoirs sont érodés.

Nous ne pouvons nous satisfaire d'aucun taux de chômage. Cependant, en tant que démocrates, nous ne pouvons pas et nous ne permettrons pas qu'une génération grandisse en croyant que leurs dirigeants politiques ont échoué à leur donner une chance raisonnable dans la vie. Car ils sont l'avenir de notre démocratie, de notre avenir, de l'avenir de l'Europe.

M. le président, qu'est-ce qu'il y a de plus important pour nos jeunes qui finissent leurs études?
La possibilité de travailler. La dignité d'un travail. Cela est le défi de notre génération.

Il n'y a pas de solution toute faite à ce problème, mais c'est un défi que nous devons relever à bras-le-corps. Nous donnerons toute la priorité au paquet emploi jeunes, y compris à la mesure de garantie pour la jeunesse.

Parfaire le marché unique, lever les obstacles au commerce, accroître les débouchés commerciaux et améliorer la compétitivité sont tous des éléments essentiels pour améliorer un environnement favorable à l'emploi.

La prochaine étape dans la relance de l'Europe sera d'exploiter pleinement le potentiel du marché unique. Nous aurons à cœur de progresser sur la directive relative aux qualifications professionnelles, la directive concernant le détachement de travailleurs ainsi que sur la portabilité des droits à pension.

Les mesures portant sur les marchés publics ont également le potentiel de contribuer de manière significative à l'accès au marché pour nos PME.

Nous devons par ailleurs mettre en évidence la façon dont nous vivons aujourd'hui grâce à la technologie à travers un marché unique du numérique. Nous voulons donc voir et donner la priorité à des progrès dans le domaine des signatures électroniques, du très haut débit, de la gestion collective des droits et de la protection des données.


Le CFP
L'Union a besoin d'un socle stable pour les défis qu'il lui faut relever. Nous avons besoin d'un financement pluriannuel adéquat. Le CFP est une priorité dont j'ai parlée avec le président M. Schulz et les participants de la conférence des présidents.
Le Conseil européen a réussi à réduire de manière significative les différences importantes entres les États membres. Il reste encore à travailler et à négocier, et vite.

Je ne ménagerai aucun effort dans ma collaboration avec le président M. Van Rompuy afin de conclure un accord sur le CFP lors du Conseil européen. En tant que présidence, nous en discuterons avec vous au sein du Parlement européen. Vous êtes des partenaires essentiels sur ce sujet. Nous ne pouvons pas le faire sans vous. Ce pouvoir a été inscrit dans le traité de Lisbonne.

Je crois profondément qu'il est dans notre intérêt ainsi que dans celui de l'Europe que nous parvenions rapidement à un accord. Après cela, nous travaillerons avec le Parlement pour avancer sur plusieurs instruments afin qu'existe un socle solide pour les programmes de l'Union à la fin de l'année 2013.
Une attention toute particulière doit rapidement être portée aux réformes de la PAC et de la PCP, au programme Horizon 2020 et aux fonds structurels. Nous le devons à nos citoyens.

Les temps difficiles requièrent des choix difficiles pour nous tous. Un accord juste, même si imparfait, nous permettra d'aller de l'avant.

La stabilité: la gouvernance économique et le système bancaire
La stabilité est requise, notamment dans le secteur financier et le domaine de la gouvernance économique. Le Parlement et le Conseil doivent se mettre d'accord rapidement sur le «two-pack».

Le processus du semestre européen est une véritable avancée dans la manière d'administrer nos économies. Mais vous avez fait état d'insuffisances en termes de la responsabilité démocratique du système; nous sommes prêts à participer à de telles discussions dans les mois à venir.

En juin, les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro ont décidé de rompre le lien toxique entre les banques et les dettes souveraines, et d'améliorer la viabilité du programme d'ajustement de l'Irlande. Nous sommes déterminés à ce que ces décisions soient mises en œuvre. Nous nous emploierons à parvenir à une réelle union bancaire. Cela doit être une des priorités principales de l'Union, y compris celle de l'adoption rapide du mécanisme de surveillance unique et d’autres éléments de l'union bancaire.

Nous nous réjouissons également à la perspective d'un accord avec le Parlement concernant la directive CRD IV, sur laquelle nous avons beaucoup progressée.

La politique étrangère
M. le président, notre monde est plus petit que jamais et le rôle et la responsabilité de l'Europe n'ont donc jamais été plus importants.

L'engagement du peuple irlandais envers les droits de l'homme et l'aide internationale est exemplaire. Dans presque tous les dispensaires de campagne et dépôts de distribution dans ses endroits parfois oubliés de notre planète, vous entendrez une voix irlandaise, vous aurez le point de vue irlandais.

Nous utiliserons la présidence pour renforcer l'approche de l'Union dans sa lutte contre la faim et la pauvreté dans le monde.

Nous travaillerons en étroite collaboration pour soutenir les efforts de la haute représentante, vice-présidente Mme Catherine Ashton visant à renforcer le rôle de l'UE dans la pacification des régions affectées par des troubles telles que la Syrie, l'Iran, le Mali ou encore la Somalie.

Le commerce
Nous voyons un réel potentiel à augmenter le commerce de l'Europe avec des partenaires stratégiques. Nous avons de grands espoirs dans l'ouverture des négociations relatives à l'accord de libre-échange avec les États-Unis. Nous pensons que le moment est venu pour le faire. Nous travaillerons à d'importantes négociations dans la période à venir et cela inclura le Japon, l'Inde, le Canada et les pays de la région ASEAN.

Nous ne nous voilons pas la face concernant la difficulté que cela représentera: de nombreuses questions sensibles font surface.  Mais parce que nous avons connaissance des avantages de ce que nous avons forgé entre nous au sein de notre marché unique, nous devons essayer de saisir les avantages potentiels de l'augmentation du commerce avec d'autres acteurs internationaux. Le prix du succès est ici énorme à l'échelle des emplois qui peuvent être créés.

L'élargissement
M. le Président, l'un des jours les plus importants dans la longue et fière histoire de l'UE a été le 1er mai 2004, lorsque la présidence irlandaise a accueilli dix nouveaux Etats membres au sein de l'Union européenne.

Cette présidence donnera la priorité à une politique d'élargissement crédible.

Nous attendons avec impatience de souhaiter la bienvenue aux croates, dont l'État sera un nouveau membre le 1er juillet.

Pour les pays avec lesquels les négociations d'adhésion sont en cours, chacun à un stade différent, nous travaillerons à faire avancer le processus avec l'Islande, la Turquie et le Monténégro. Des décisions importantes pourront également être prises concernant l'ex République yougoslave de Macédoine, la Serbie, l'Albanie et le Kosovo pendant le trimestre
irlandais.

M. le Président, la crise de l'emploi et de l'économie européenne nous préoccupe tant que nous risquons de perdre de vue ce que nous possédons, ce que nous avons réussi à obtenir.

L'Europe fait toujours partie des meilleurs endroits où vivre et pas seulement économiquement parlant mais aussi culturellement et socialement parlant. Par dessus tout car nous avons la paix, une paix précieuse, à laquelle nous sommes profondément attachée et que nous avons créée ensemble. Il n'est pas surprenant que de si nombreux pays aspirent à nous rejoindre afin de faire partie de notre famille européenne.

Je suis persuadé qu'en 2012 nous avons probablement connu la pire crise économique, la peur que l'euro lui-même ne survive pas a été confronté et dissipé avec insistance et nous pouvons désormais faire face aux défis de la reprise de l'Europe.

Je sais que cela n'apaise pas nos citoyens, nos familles qui ont perdu leurs emplois, qui n'ont pas besoin de lire des articles sur la crise car ils la vivent au quotidien.

Ces personnes, ainsi que leur expérience, renforcent notre détermination. Et il est dans leur intérêt que nous fassions avancer avec plus d'ardeur les actions menant à la stabilité, à de nouveaux emplois, à une croissance nouvelle pour l'Union et que nous redonnions espoir et confiance aux citoyens.

M. le Président, notre Union européenne n'est pas un pavillon distant et fermé. Notre Union est une famille, parfois houleuse, anxieuse, agité, joyeuse, toujours compatissante et fidèle.

De ce fait, la présidence irlandaise sera celle de la famille européenne.

Aujourd'hui et pendant les six prochains mois de la présidence irlandaise, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour résoudre certains défis de l'Europe.

Je suis convaincu que cela est le strict minimum que nous puissions faire. Car cela est la tâche remarquable de notre génération, le défi ultime des politiques auxquels l'on a confié la responsabilité démocratique de la direction.

Permettez nous de résoudre cela en menant à bien cette tâche.


(Image- ©Union européenne 2013 - Parlement européen)

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